
Il y a peu Fadela Amara présentait à Vaux-en-Velin son plan Banlieue, plan qui prévoyait notamment le désenclavement de la banlieue grâce à 500 millions d’euros (financés par le Grenelle de l’environnement), une baisse du chômage de 40% avec la création de 45 000 emplois, et ce que l’on appelle le « busing » c’est-à-dire le fait de permettre aux élèves les plus brillants de faire une partie de leur scolarité dans les collèges et lycées les plus réputés pour permettre à notre système de renouvellement des élites de retrouver une santé qu’il semble avoir perdu au cours des 30 dernières années.
Une grave erreur serait toutefois d’arrêter notre lecture de l’action du gouvernement en faveur de l’amélioration des banlieues à ce seul plan sans quoi il serait facile de répliquer que cela ne saurait suffire, comme ne s’est pas privée de le faire une gauche qui a subitement oublié que faute de ne pas vouloir faire assez elle n’avait tout simplement rien fait.
Toute la politique du gouvernement est un plan banlieue.Lorsque Monsieur Darcos parle de remanier l’emploi du temps pour recentrer l’aide vers les élèves en difficultés il parle aux habitants des banlieues, lorsqu’il prévoit que les 5 % les plus brillants de chaque établissement puissent accéder à une classe préparatoire il parle aux banlieues, lorsque Nicolas Sarkozy détaxe les heures supplémentaires il parle aux banlieues, lorsqu’il avance l’idée du grand Paris il parle aux banlieues, lorsque Madame Pécresse réforme l’université pour cesser d’envoyer une grande partie de nos étudiants dans des voies de garages elle parle aux banlieues, lorsque Monsieur Attali parle dans son rapport de créer 10 grands pôles d’excellence qui assureraient une renommée internationale aux universités françaises il parle au banlieues.Une deuxième objection de la gauche (somme toute assez classique) consiste à s’enquérir de l’avenir des 95 % d’élèves qui ne seront pas concernées notamment par l’inscription automatique en classes préparatoires. En cela la gauche pratique la politique du tout ou rien. Faut-il encore une fois rappeler que faute de n’avoir pu sauver tous les élèves de banlieues, la gauche a choisi la deuxième option ? Faut-il mettre en exergue une vision du gouvernement que la gauche semble ne pas vouloir ou même ne pas pouvoir entendre ?
Mettons donc les choses à plat. Comparons. Comparons ce que l’on avait l’habitude autrefois d’appeler les quartiers populaires et nos actuelles banlieues. Qui a-t-il de changer dans l’esprit de la jeunesse de banlieue relativement à celle des quartiers populaires ? Tout. Tout au sens où si aujourd’hui comme hier venir de quartiers défavorisés laisse comme son nom l’indique moins de chance à l’enfant de réussir, il y avait chez l’enfant des quartiers populaires une envie de revanche sociale qui lui donnait par rapport aux autres un avantage. A celui qui se sait déjà en sécurité, assuré qu’il est de pouvoir reprendre un héritage à la fois en terme d’éducation et de patrimoine, l’enfant des quartiers populaires répondait par un acharnement au travail qui le rendait plus compétitif que celui qui ne joue rien. Il faut faire renaître ce système de nivellement par le haut il est la base du renouvellement de nos élites : Il faut bien dire au risque de choquer les amoureux du politiquement correcte qu’aujourd’hui la banlieue est le plus vaste système de nivellement par le bas, et on tamponne ceux qui naissent vivent et étudient dans les banlieues avec des appellations comme celle de « ZEP » qui, si elles sont le fruit de bonnes intentions forment la matrice d’un échec global. Il faut créer un système de nivellement par le haut en caractérisant l’élève de banlieue non parce qu’il n’est pas, mais par ce qu’il doit être et ce qu’ont toujours été les élèves des quartiers populaires lorsque notre système de renouvellement des élites fonctionnaient, c’est-à-dire des élèves qui plus que les autres ont envie de réussir parce qu’ils ont en quelque sorte une revanche à prendre sur la vie. Et pour ce faire il faut reconstruire ce qui s’est brisé dans les aspirations des enfants des banlieues : L’assurance que le travail paie et qu’il permet d’assurer la réussite.En prenant les 5% d’élèves de chaque lycée de banlieue et en les inscrivant en classes préparatoires le gouvernement pratique une discrimination positive qui a le mérite d’éviter l’effet d’appellation que j’évoquais avec le tampon « ZEP » qui vous suit tout une vie. Il montre qu’on peut réussir en venant des banlieues. Il brise le « ghetto mentale » qui emprisonnait les jeunes de banlieues bien plus que les tours en béton.
Syndication


Have you ever considered to own ...
24/10/2009 @ 08:14:19
par christian louboutin
Bonjour, Un bureau de tabac en France ...
27/03/2008 @ 10:55:41
par Djemaa Pascal
Enfin, un petit dernier pour finir, ...
30/12/2007 @ 18:34:29
par marc