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Infonet

09 Mar 2008 


Il y a peu Fadela Amara présentait à Vaux-en-Velin son plan Banlieue, plan qui prévoyait notamment le désenclavement de la banlieue grâce à 500 millions d’euros (financés par le Grenelle de l’environnement), une baisse du chômage de 40% avec la création de 45 000 emplois, et ce que l’on appelle le « busing » c’est-à-dire le fait de permettre aux élèves les plus brillants de  faire une partie de leur scolarité dans les collèges et lycées les plus réputés pour permettre à notre système de renouvellement des élites de retrouver une santé qu’il semble avoir perdu au cours des 30 dernières années.

Une grave erreur serait toutefois d’arrêter notre lecture de l’action du gouvernement en faveur de l’amélioration des banlieues à ce seul plan sans quoi il serait facile de répliquer que cela ne saurait suffire, comme ne s’est pas privée de le faire une gauche qui a subitement oublié que faute de ne pas vouloir faire assez elle n’avait tout simplement rien fait.

 Toute la politique du gouvernement est un plan banlieue.Lorsque Monsieur Darcos parle de remanier l’emploi du temps pour recentrer l’aide vers les élèves en difficultés il parle aux habitants des banlieues, lorsqu’il prévoit que les 5 % les plus brillants de chaque établissement puissent accéder à une classe préparatoire il parle aux banlieues, lorsque Nicolas Sarkozy détaxe les heures supplémentaires il parle aux banlieues, lorsqu’il avance l’idée du grand Paris il parle aux banlieues, lorsque Madame Pécresse réforme l’université pour cesser d’envoyer une grande partie de nos étudiants dans des voies de garages elle parle aux banlieues, lorsque Monsieur Attali parle dans son rapport de créer 10 grands pôles d’excellence qui assureraient une renommée internationale aux universités françaises il parle au banlieues.

Une deuxième objection de la gauche (somme toute assez classique) consiste à s’enquérir de l’avenir des 95 % d’élèves qui ne seront pas concernées notamment par l’inscription automatique en classes préparatoires. En cela la gauche pratique la politique du tout ou rien. Faut-il encore une fois rappeler que faute de n’avoir pu sauver tous les élèves de banlieues, la gauche a choisi la deuxième option ? Faut-il mettre en exergue une vision du gouvernement que la gauche semble ne pas vouloir ou même ne pas pouvoir entendre ?

Mettons donc les choses à plat. Comparons. Comparons ce que l’on avait l’habitude autrefois d’appeler les quartiers populaires et nos actuelles banlieues. Qui a-t-il de changer dans l’esprit de la jeunesse de banlieue relativement à celle des quartiers populaires ? Tout. Tout au sens où si aujourd’hui comme hier venir de quartiers défavorisés laisse comme son nom l’indique moins de chance à l’enfant de réussir, il y avait chez l’enfant des quartiers populaires une envie de revanche sociale qui lui donnait par rapport aux autres un avantage. A celui qui se sait déjà en sécurité, assuré qu’il est de pouvoir reprendre un héritage à la fois en terme d’éducation et de patrimoine, l’enfant des quartiers populaires répondait par un acharnement au travail qui le rendait plus compétitif que celui qui ne joue rien. Il faut faire renaître ce système de nivellement par le haut il est la base du renouvellement de nos élites : Il faut bien dire au risque de choquer les amoureux du politiquement correcte qu’aujourd’hui la banlieue est le plus vaste système de nivellement par le bas, et on tamponne ceux qui naissent vivent et étudient dans les banlieues avec des appellations comme celle de « ZEP » qui, si elles sont le fruit de bonnes intentions forment la matrice d’un échec global. Il faut créer un système de nivellement par le haut en caractérisant l’élève de banlieue non parce qu’il n’est pas, mais par ce qu’il doit être et ce qu’ont toujours été les élèves des quartiers populaires lorsque notre système de renouvellement des élites fonctionnaient, c’est-à-dire des élèves qui plus que les autres ont envie de réussir parce qu’ils ont en quelque sorte une revanche à prendre sur la vie. Et pour ce faire il faut reconstruire ce qui s’est brisé dans les aspirations des enfants des banlieues : L’assurance que le travail paie et qu’il permet d’assurer la réussite.  

En prenant les 5% d’élèves de chaque lycée de banlieue et en les inscrivant en classes préparatoires le gouvernement pratique une discrimination positive qui a le mérite d’éviter l’effet d’appellation que j’évoquais avec le tampon « ZEP » qui vous suit tout une vie. Il montre qu’on peut réussir en venant des banlieues. Il brise le « ghetto mentale » qui emprisonnait les jeunes de banlieues bien plus que les tours en béton.


Admin · 198 vues · 0 commentaires
22 Jan 2008 



Les Français baissent la tête. Dans un sondage publié par le journal Challenge sur l’état des français il y a            quelques temps déjà, le signe d’une crise de confiance en l’avenir et même en l’état actuel de la France pointait son nez (à l’époque encore sous la présidence de Jacques Chirac) : Si 80 % des français se disaient heureux, les mêmes 80% pensaient qu’en revanche la grande majorité des français était malheureuse… Et que dire aujourd’hui du sentiment des français qui craignent aujourd’hui les retombées de la tristement célèbre crise des sub-primes qui leur semble à raison profondément injuste en ce qu’elle ne découle à leurs yeux que des erreurs de la politique de crédit américain.
La situation n’est évidement pas aussi simple. Petit plaidoyer pour une crise efficace.  La crise des sub-primes (ces primes de risques associées aux prêts immobiliers pour les foyers américains les plus modestes) déclenchée courant 2006-2007 par le krach des prêts hypothécaires aux Etats-Unis et qui aujourd’hui fait planer l’ombre de la récession dans un pays où 75% du PIB est directement lié à la consommation, a de quoi effectivement faire froid dans le dos. En effet par la forte consommation de ses ménages, l’Amérique se place comme un marché incontournable pour le monde donc pour la France. Mais plus que cela, c’est la large crise de confiance dans le système financier tout entier (par le biais de la titrisation des créances qui permettait aux banques de se refinancer et de transférer le risque de non recouvrement - qui atteint aujourd’hui aux Etats-Unis 15% !) qui incite à penser que la crise va et est en train de se propager en Europe et donc en France. Preuve en est le fait que la BCE ait injecté 95 millions d’euros dans le système européen pour éviter une crise de liquidité des banques européennes, soit plus qu’après la crise financière provoquée par le 11 septembre.  Faut-il faire comme tout le monde, baisser la tête, serrer la ceinture et attendre que ça passe ? Oui et non. Oui dans le sens où il faut tout d’abord éviter que la crise financière ne se transmette directement à l’économie réelle, ou tout du moins limiter cette transmission : En réinjectant des liquidités dans le système bancaire et en baissant le taux directeur (dont les banques se servent pour fixer leurs propres taux d’intérêts) la FED a donné le ton. La BCE doit en ce sens lui emboîter le pas. Et ensuite advienne que pourra.  Non, en ce que cela ne s’arrête pas là. Lors des crises le cœur se bronze ou se brise affirmait déjà Balzac. Pourquoi ne pas tirer les conclusions logiques de cet enseignement et voir le verre à moitié plein (puisqu’il l’est) ? La crise des sub-primes va toucher la France. Elle le fera quoi qu’en dise la ministre de l’Economie et des Finances qui ne peut le dire non parce que c’est un sujet tabou –loin de là-, mais parce que ce faisant elle ne ferait qu’aggraver les choses (elle est en effet en quelque sorte la seule ministre dont les paroles sont quoiqu’il arrive suivies d’actes puisque les marchés financiers réagissent directement aux propos des ministres –c’est dire s’il ne fait pas bon être Ministre de l’Economie des Finances en temps de crise…). Mais ce qui compte en réalité c’est moins la façon dont la France se prépare à la crise (ce qu’elle fait) que la façon dont elle se prépare à la sortie de la crise. En caricaturant, la crise des sub-primes va remettre les compteurs à zéro notamment en faisant peut-être exploser la bulle de l’immobilier en France (ce qui n’est pas évident, étant donné le faible nombre de crédits à taux variables en France) et en provoquant une crise de confiance. A nous dès aujourd’hui de préparer la France à une relance,et pour rester sur la métaphore automobile, puisque la crise nous met tous plus moins ou moins sur la même ligne de départ, assurons-nous de ne pas caler le moment venu. Et cela commence par les mesures qui ont été ou vont être prises par le gouvernement pour permettre notamment aux entreprises d’engager plus facilement (la fameuse flex-sécurité) et en incitant les français à faire des heures supplémentaires. Cela passe aussi par une politique de l’offre plutôt que par une politique de relance du pouvoir d’achat. C’est un sujet qui fâche, et qui fâche à peu près tout le monde. Et bien fâchons !
Admin · 223 vues · 0 commentaires
Catégories: Politique française, Economie
21 Déc 2007 



Le 1er janvier prochain la campagne anti-tabac menée depuis longtemps par les différents gouvernements successifs prendra une autre ampleur puisque il ne sera plus possible de fumer dans les bureaux de tabac ou les bars notamment. Si certains se réjouissent de cette nouvelle soit qu’elle leur évitera  de subir les nuisances produites par la fumée des autres, soit qu’elle permette à d’autres d’arrêter une pratique coûteusetant au niveau économique qu'au niveau de leur santé, la loi ne va pas changer radicalement les pratiques des fumeurs.
Car comme le disait un commissaire de police sur Canal + il n’y aura pas de brigade anti-tabac, et il sera bien difficile de prendre les fumeurs en flagrant délit à moins que le patron du bar ou du tabac ne porte plainte lui-même ce qui est pour le moins douteux. Et la situation sera d’autant plus difficile dans les milieux ruraux où le bar tabac est souvent l’un des seuls lieux de rencontre de petit villages ou de petites villes, il y a donc peu de chance pour que la situation change dans ces bars là.Le seul changement n’est pas réel mais dans les têtes, ceux qui sont moins attachés à la petite cigarette dans les bars ou dans les restaurants seront moins susceptibles de la fumer, et pour les non-fumeurs la conscience d’avoir la loi de leur côté les incitera à réagir. En tout cas c’est tout ce que l’on peut espérer…
Admin · 1304 vues · 2 commentaires
21 Déc 2007 




 
Dernier point pour ce qui est de la situation de la gauche et de l’attitude de la droite et plus particulièrement de Nicolas Sarkozy vis-à-vis de cette dernière. Il y a une faiblesse de l’opposition intrinsèque à son poste que notre président a bien compris et qu’il use à loisir, l’opposition ne peut agir, elle ne gouverne pas. Evidence. Certes. Mais parce qu’elle ne gouverne pas, le trop plein d’action l’affaiblit d’autant plus : en d’autres termes quelles que soient les actions du gouvernement, quels qu’en soient les résultats, celui-ci peut implicitement dire « moi au moins je fais quelque chose ». Primaire, mais efficace.
Admin · 303 vues · 0 commentaires
Catégories: Politique française
20 Déc 2007 

Nicolas Sarkozy et Carla Bruni à Disneyland Paris

Petite brève pour noter que la diffusion dans la presse de la relation entre Nicolas Sarkozy et Carla Bruni tombe au bon moment pour faire oublier l’échec médiatique que représente la visite de Kadhafi en France. De manière générale Nicolas Sarkozy a prouvé amplement son aptitude à détourner l’attention des médias et des français (penser notamment au doublement de son salaire pendant la crise sociale du début d’année). Il sait très bien que la polémique n’est pas évitable, et quitte à s’y trouver confronter autant en être l’instigateur.

Admin · 297 vues · 1 commentaire

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